Louange à Allah
Les jouets fabriqués à partir de la laine teinte ne sont pas considérés comme
des images parce que leurs têtes ne sont qu’un morceau de laine et ne comporte
pas clairement les parties du visage comme l’œil, le nez, la bouche et l’oreille.
Quand une image en relief est sans tête et ne comporte pas les organes qui
accompagne la tête, son utilisation n’est plus interdite. A supposer qu’une
telle poupée s’assimile à une image, la permission de son utilisation ne signifie
pas que l’usage des images est absolument licite. Car il ne s’agit que d’une
exception justifiée par un objectif valable, à savoir apprendre aux filles
la garde des enfants et développer en elles le sentiment de la maternité afin
de les préparer pour l’avenir.
La plupart des ulémas soutiennent que la fabrication des jouets destinés aux
filles constitue une exception à l’interdiction de la fabrication des images
et des statues. C’est l’avis des Malékites, des Chafiites et des Hanbalites.
Al-Qadi Iyadh a rapporté que la plupart des ulémas l’autorisent. An-Nawawi
est du même avis dans son commentaire du Sahih de Mouslim.
Il dit : « la fabrication des jouets destinés aux filles est exceptée
de l’interdiction de photographier un objet ayant une ombre. Car l’autorisation
en a été rapportée. Ce qui signifie que cela est permis. Peu importe que les
jouets aient une forme humaine ou animale, qu’ils aient un relief ou pas et
qu’ils aient un équivalent dans les animaux réels ou pas comme, par exemple,
un cheval avec des ailes.
Selon la majorité des ulémas, cette exception repose sur un hadith d’Aïcha (P.A.a)
dans lequel elle dit : « Je manipulais des poupées chez le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) avec mes copines. Quand le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) entrait, elles (les copines) reculaient
devant lui et il les dirigeait vers moi et nous jouions ensemble » Selon
une autre version, elle a dit : « Le Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) rentrait un jour d’une expédition à Tabouk ou à Khaybar
au moment où, le vent qui souffrait écarta le rideau qui cachait les poupées
contenues dans le dépôt de Aïcah. Le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) dit : - Qu’est-ce que c’est, ô Aïcha ? – Mes filles, dit-elle.
Comme le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) vit parmi « les
filles » un cheval doté de deux ailes, il dit : Qu’est-ce que je
vois au milieu d’elles ? – « un cheval » dit-elle. – Qu’est-ce
qu’il y sur le cheval ? – dit le Messager (bénédiction et salut soient
sur lui) ? – « deux ailes » dit-elle – « Un cheval avec
deux ailes ? » Dit le Messager – N’avez-vous pas entendu que Solomon
disposait de chevaux dotés d’ailes ? » - « Le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) éclata de rire au point de laisser apparaître ses
molaires ».
Les Malikites, les
Chafiites et les Hanbalites justifient cette exception qui autorise la fabrication
des jouets des enfants en évoquant la nécessité de l’entraînement qui entre
dans le cadre de l’éducation des enfants.Cette justification est claire dans
le cas des jouets ayant une forme humaine, mais elle ne l’est pas pour ce
qui est du cheval doté de deux ailes. C’est pourquoi al-Halimi a ajouté une
autre justification à côté de la première. Voici ses propos : « les
gamines tirent des jouets deux avantages médiat et immédiat. L’avantage médiat
consiste dans le sentiment d’être occupé que les enfants cherchent à développer
depuis leur prime enfance. En effet, quand un enfant est à l’aise physiquement
et psychologiquement, il devient plus fort et grandit mieux. Car la joie tranquillise
le cœur et la tranquillité de celui-ci affecte l’âme, s’étend au corps et
se transforme en force dans les organes. Quant à l’avantage immédiat, il consiste
en ceci que la manipulation des jouets leur permet d’apprendre à traiter les
enfants, à les aimer et les entourer de tendresse. Ils finissent par en acquérir
l’habitude. Quand elles deviennent grandes et se retrouvent avec leurs propres
enfants, elles leur appliquent le traitement qu'elles avaient appris.
Cela dit, Ibn Hadjar
a rapporté dans al-Fateh un avis selon lequel la fabrication des jouets
est interdite et qu’après avoir été autorisée une première fois, elle a été
interdite par les textes généreux qui s’appliquent à la fabrication des images.
Ceci a été réfuté puisque la prétendue abrogation (de l’autorisation) a été
contredite par un avis contraire. En outre, l’autorisation peut être postérieure
à l’interdiction de la fabrication des images. Par ailleurs, le hadith comporte
un indice qui montre que l’autorisation est postérieure à l’interdiction de
la fabrication des images. Car le hadith indique que l’événement eut lieu
au moment où le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) venait de rentrer
de l’expédition de Tabouk. Aussi paraît-il que cet événement est postérieur
(à l’interdiction).
(Encyclopédie juridique – fabrication d’images).