Louanges à Allah
La sunna prophétique authentique
regorge de nombreux mérites attachés à la réunion pour lire le livre d’Allah
Très Haut. Mais, pour bénéficier des récompenses promises, il faut que le
musulman veille à ce que la réunion soit conforme à la loi religieuse. La
réunion tenue conformément à la loi religieuse consiste à ce que les gens
réunis lisent le Coran pour l’étudier, le commenter et apprendre à le réciter
correctement.
Une réunion (normale)
implique encore qu’une personne lise tandis que les autres écoutent pour réfléchir
et méditer sur les versets, l’une et l’autre pratique s’attestant dans la
sunna prophétique. Pour davantage d’information, se référer à la question n° 22722
qui explique le salut de la réunion pour lire le Coran.
Quant à l’assimilation
e la lecture collective complète à une lecture individuelle, elle st inexacte,
puisque chaque membre du groupe n’a pas lu la totalité du Coran et ne l’a
pas écouté lire. En effet, chacune a lu une partie et ne pourra être récompensée
qu’en conséquence.
Les ulémas de la
Commission Permanente ont dit : « Distribuer
des parties du Coran aux membres d’un groupe réuni pour que chacun lise la
partie reçue, n’est pas considéré comme une lecture complète du Coran effectuée
par chacun » Fatwa de la
Commission Permanent, 2/480
Deuxièmement, il n’est pas recommandé de procéder à une prière
après l’achèvement d’une lecture collective du Coran. Il n’est pas permis
non plus de demander que la récompense de la lecture soit transmise à un mort
ou un vivant. Car ni notre Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
ni l’un quelconque de ses compagnons ne le faisait.
Cheikh Abdoul Aziz Ibn
Baz (Puisse Allah lui accorder si miséricorde) a été interrogé en ces termes :
« M’est-il permis de lire le Saint Coran au profit de mes père et mère,
étant donné qu’ils sont illettrés. Puis-je effectuer une lecture complète
du Coran au profit d’une personne lettrée, mais à qui il me plait d’offrir
une telle œuvre ?
Puis-je faire la même chose pour plusieurs personnes ? Il
a répondu ainsi : « Rien dans le Coran ni dans la Sunna purifiée
du Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui ) ni dans ce qui
a été rapporté de ses nobles compagnons n’atteste la légalité d’offrir la
lecture du Saint Coran à ses père et mère ou à d’autres. La loi religieuse
stipule qu’on lit le Coran pour en tirer profit, pour le méditer et l’appliquer.
Le Très Haut a dit : « (Voici) un Livre béni que Nous avons fait
descendre vers toi, afin qu'ils méditent sur ses versets et que les doués
d'intelligence réfléchissent! (Coran, 38 : 29) et dit : « Et
ils dirent: "Nous ne croirons pas en toi, jusqu'à ce que tu aies fait
jaillir de terre, pour nous, une source;» (Coran, 17 :90) et dit «Si
Nous en avions fait un Coran en une langue autre que l'arabe, ils auraient
dit: "Pourquoi ses versets n'ont-ils pas été exposés clairement? quoi?
Un (Coran) non-arabe et (un Messager) arabe?" Dis: "Pour ceux qui
croient, il est une guidée et une guérison". Et quant à ceux qui ne croient
pas, il y a une surdité dans leurs oreilles et ils sont frappés d'aveuglement
en ce qui le concerne; ceux-là sont appelés d'un endroit lointain. »
(Coran, 41 : 44). Et notre Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) a dit : « lisez le Coran car il intercédera au profit
de ses lecteurs » il dit aussi : « Le Coran sera amené au jour
de la Résurrection en compagnie des siens, ceux qui l’appliquaient avec entête
les sourates al-baqara et al-imran qui apparaîtront tels deux nuages
ou un groupe d’oiseaux rangés, et défendraient celui qui avait l’habitude
de les lire.
En somme, le Coran est révélé pour être appliqué et médité. Il
faut le réciter fréquemment dans le cadre de la pratique cultuelle. Mais il
n’est pas fondé d’offrir la récompense de sa lecture aux morts ou à d’autres.
Je ne sache pas que le fait d’offrir la récompense de sa lecture aux père
et mère ait un fondement sûr. Or le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : « Toute œuvre contraire à notre ordre est rejeté ».
Certains ulémas soutiennent
la légalité de cela et disent : rien n’empêche d’offrir (aux défunts)
la récompense de la lecture du Coran ou d’autres bonnes œuvres. Et ils assimilent
cela à l’aumône, et à l’invocation et à d’autres actions faites pour les morts.
Le premier avis demeure le juste compte tenu du hadith susmentionné
et d’autres allant dans le même sens. S’il était permis d’offrir la récompense
de la lecture du Coran (aux morts), les ancêtres pieux l’auraient fait. Et
le raisonnement par analogie n’est pas acceptable en matière cultuelle, celle-ci
étant exclusivement déterminée soit par un texte reproduisant la parole d’Allah
Puissant et Majestueux, soit par la Sunna du Messager d’Allah) conformément
au hadith précité et d’autres abondant dans le même sens. Voir Madjmou
fatawa Cheikh Ibn Baz, 8/360-361.
Quant à l’argument qu’ils
(les partisans du deuxième avis) croient trouver dans ce hadith : « La
mort fait cesser les œuvres du défunt sauf trois… » il est invalide car, à
y réfléchir de près, ce hadith indique qu’il n’est pas institué d’offrir la
récompense de la lecture du Coran aux morts, car le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) dit : un enfant qui prie pour lui (son père)
et non : qui lit le Coran pour lui »
Troisièmement, il ne convient
pas de recourir à l’abréviation consistant dans la lettre (sad) ou dans le
mot (salam) à la place de : « bénédiction et salut soient sur lui).
Celui qui a écrit cette longue question n’est pas incapable d’écrire cette
formule de prière intégralement.
Le statut de l’emploi
de ces abréviations a déjà été expliqué dans le cadre de la réponse donnée
à la question n° 47976.
S’y référer.
Quatrièmement, la célébration de l’anniversaire de la naissance
du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) est une innovation. Et il
en est de même du fait de lui consacrer des pratiques cultuelles telles la
répétition de formules comme le tasbih (subhana Allah) et le tahmid
(al hamd lillah), la retraite pieuse, la lecture du Coran, le jeûne ;
leurs auteurs n’en reçoivent aucune récompense, les œuvres n’étant pas exaucées.
D’après Aïcha (P.A.a)
Le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Sera
rejetée toute œuvre contraire à notre religion » (rapporté par al- Bonkhari,
2550 et par Monolim, 1718) une autre version de Mouslim dit : « Quiconque
accomplir une œuvre contraire à notre religion la verra rejeter ».
Al- Fakihani (Puisse Allah lui accorder sa miséricorde) dit :
« Je ne connais pour la célébration du Mawlid aucun fondement dans le
Coran et la Sunna. La pratique n’est
rapportée d’aucun des ulémas de la Umma reconnus comme modèles parce que fidèles
continuateurs des anciens.C’est une innovation entretenue par des faussaires,
une source de plaisir personnel chère aux opportunistes.
Voir al-mawrid fii amal al mawlid cité dans Rassaïl fii hukm
al-ihtifaal bi al- mawlid an nabawi 1/8-9
Cheikh Abdoul Aziz Ibn Baz (Puisse Allah lui accorder
sa miséricorde) a dit : « Si la célébration de l’anniversaire de
la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) était instituée
(par l’Islam), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) l’aurait
expliqué à sa communauté car il était le plus soucieux (de leur indiquer la
bonne voie).Et aucun Prophète ne viendra après lui pour expliquer ce qu’il
aurait omis, étant lui-même le seau des Prophètes. En vérité, il a bien expliqué
ce qu’on lui doit en fait d’amour et d’observance de la loi, de prières pour
lui et d’autres droits clairement indiqués dans le Coran et la Sunna.
Cependant,
il n’a pas dit à sa communauté que la célébration de l’anniversaire de sa
naissance était instituée pour être pratiquée. En plus, il ne l’a pas fait
durant sa vie. Et ses compagnons qui nourrissaient le plus grand amour pour
lui et connaissaient le mieux ses droits, n’ont jamais célébré ce jour. Les
califes bien guidés, leurs successeurs immédiats, gens constituant les trois
meilleures générations ne l’ont pas célébrée non plus.
Croyez-vous que tous ces gens là ignoraient ses droits ou les
négligeaient de manière à laisser aux générations postérieures le soin de
combler cette lacune et de restaurer ce droit ?! Nom, au nom d’Allah !
De telles affirmations
ne peuvent pas émaner d’un homme raisonnable connaissant l’état des compagnons
et de leurs fidèles successeurs.
Ô honorable lecteur !
Sachant que la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) n’existait pas de son vivant et ne se pratiquait
pas du temps de ses compagnons et du temps des premières générations (musulmanes)
et n’était pas connue chez eux. Vous vous rendez compte qu’il ne s’agit que
d’une innovation introduite dans la religion et qu’il n’est permis ni de la
pratique ni d’y appeler les gens. Car il faut plutôt la réprouver et avertir
les gens à son égard » Voir Madjmou’ fatawa Cheikh Ibn Baz, 6/318-319.
Cinquièmement, il n’est
permis à personne d’inventer une innovation ou un dhikr et de le diffuser.
L’invention dite « La prière du lieu » est une innovation. Le fait
de se représenter l’image des gens pour lesquels la prière est faite et la
croyance qu’ils reconnaîtront l’auteur de la prière et l’interpelleront au
paradis ; tout cela est le fruit de l’imaginaire soufie, donc sans fondement
dans la religion d’Allah Très Haut. Les critères religieux qui permettent
au musulman de distinguer entre la Sunna et la bid’aa , le juste et l’injuste,
sont très clairs. Ils se résument en ceci : en principe, on doit s’abstenir
de tout acte culturel dont on n’a pas la preuve de son institution. Car l’on
ne doit se rapprocher d’Allah Très Haut par un acte que si une preuve tirée
du Coran et de la Sunna authentique indique que l’acte est institué. C’est
dire que le musulman doit suivre (les enseignements religieux établis) au
lieu d’en innover. Car l’innovation sera rendue à son auteur, Allah ayant
parfait la loi religieuse et achevé son bienfait. Pourquoi avoir besoin de
pratiques innovées alors que l’on néglige les pratiques bien établies dans
notre religion ?
Pour davantage d’explications,
se référer aux réponses données aux questions
n° 27237 et 6745.
Nous espérons que ce qui a été dit suffira à vos sœurs et les
amènera à cesser leurs innovations. Nous leur recommanderons la crainte d’Allah
Très Haut et la belle observance (des enseignements de l’Islam). Qu’elles
sachent qu’Allah Très Haut n’agrée pas une pratique culturelle innovée, dusse
son auteur y mettre le plus grand zèle et lui consacrer les plus grandes sommes.
Une pratique équilibrée de la Sunna vaut mieux qu’un effort exagérée portant
sur une innovation selon, l’expression de l’éminent compagnon Abd Allah Ibn
Massoud (P.A.a).
Nous demandons à Allah
de bien guider les sœurs vers ce qu’Il agrée, et nous vous recommandons la
bonne transmission de cette réponse et le refus de participer (à leurs innovations)
et la fermeté devant les conséquences (désagréables) de votre attitude.
Allah le sait mieux.