Louanges à Allah
Premièrement, le hadith auquel l’auteur de la
question fait allusion est rapporté par Al-Bayhaqui (4/315) d’après Houdhayfa
qui a dit à Abd Allah ibn Massoud (P.A.a) : « Je suis passé près
de gens qui effectuaient la retraite pieuse dans une mosquée située entre
ta maison et celui d’Abou Moussa. Or tu sais que le Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit que la retraite ne se fait que dans les Trois
Mosquées. » Abd Allah ibn Massoud lui dit : « Peut-être as-tu
oublié ce qu’ils gardent en mémoire. Peut-être t’es tu trompé alors qu’ils
ont raison (déclaré authentique par al-Albani dans Silsilat al-ahadith
as-sahiha, (6/287).
Deuxièmement,
s’agissant de la disposition légale régissant la question, la majeure partie
des ulémas soutient que la validité de la retraite n’est pas conditionnée
par son déroulement dans l’une des Trois Mosquées. Et ils trouvent un argument
dans la parole du Très Haut : «Mais ne cohabitez pas avec elles pendant
que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées.» (Coran, 2 : 187).
Le terme « massadjid » usité
dans le verset s’applique à toutes les mosquées à l’exception de celles que
des preuves affirment inaptes à abriter la retraite. C’est le cas des mosquées
où la prière collective n’est pas célébrée, si l’auteur de la retraite est
tenu de participer à la prière collective. Voir la question
n° 48985.
L’imam al-Boukhari (Puisse Allah lui accorder
sa miséricorde) a fait allusion à la portée générale de l’argument qu’on peut
tirer du verset susmentionné en ces termes : « chapitre sur la retraite
effectuée au cours des dix dernières nuits du Ramadan dans n’importe quelle
mosquée compte tenu de la parole du Très Haut : « Mais ne cohabitez
pas avec elles pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées»
(Coran, 2 : 187 ?).
Les musulmans ont toujours effectué cette retraite
dans les mosquées de leur pays, comme l’affirme At-Tahami dans Moushkil
al-Athar, 4/205.
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde) a été interrogé à propos de la disposition qui régit la retraite
effectuée dans les Trois Mosquées : la mosquée sacrée, la mosquée prophétique
et la mosquée al-Aqsa. Puisse Allah nous récompenser par le bien.
Voici sa réponse : « la retraite pieuse
peut se faire en dehors des Trois Mosquées. Car on peut la faire dans ces
mosquées comme dans d’autres selon l’avis des fondateurs des écoles juridiques
reconnues comme l’imam Ahmad, Malick, Chafii ,Abou Hanifa et d’autres (Puisse
Allah leur accorder Sa Miséricorde) en vertu de la parole du Très Haut :
« Mais ne cohabitez pas avec elles pendant que vous êtes en retraite
rituelle dans les mosquées» (Coran, 2 : 187). Le terme al-massadjid
s’applique à toutes les mosquées de la terre. La phrase qui contient ce terme
est citée dans les derniers versets traitant du jeûne. Or celui-ci concerne
tous les membres de la communauté dans toutes les contrées. Le discours ainsi
véhiculé est adressé à tous ceux qui sont tenus de jeûner. C’est pourquoi
on a conclu les dispositions contenues dans ces versets par la parole du Très
Haut : «C' est ainsi qu' Allah expose aux hommes Ses enseignements, afin
qu' ils deviennent pieux! » (Coran, 2 : 187).
Il serait absurde qu’Allah adresse à l’ensemble
de la communauté un discours qui ne concerne qu’une infime minorité d’entre
eux.
Quant au hadith de Houdhayfa ibn al-Yaman (P.A.a) :
« la retraite ne peut se faire (valablement) que dans les Trois Mosquées »,
il revient à nier la perfection de l’acte, à supposer qu’il soit au-dessus
de tout soupçon. Ce qui veut dire que la retraite n’est parfaite que quand
elle est observée dans les Trois Mosquées en raison de leur caractère sacré
qui les place au-dessus des autres.
Cette tournure est fréquemment employée (dans
les textes religieux). Elle implique une négation qui ne porte pas sur la
réalité du fait mais sur sa perfection. C’est dans ce sens que le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) dit : « Point de prière en
présence d’un repas » etc.
Il est vrai cependant qu’en principe la négation
porte sur la réalité religieuse ou matérielle. Mais si un argument empêche
l’adoption de ce sens, il faut l’accepter. Ce qui est le cas pour le hadith
de Houdayfa, à supposer qu’il soit au-dessus de tout soupçon. » Allah le sait
mieux. Fatawa as-Siyam, p. 493.
Cheikh Ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a été interrogé à propos de l’authenticité de ce hadith :
« Point de retraite en dehors des Trois Mosquées » pour savoir s’il
signifie réellement que la retraite pieuse ne peut se faire que dans les Trois
Mosquées .
Voici sa réponse : « la retraite peut
se faire ailleurs que dans les Trois Mosquées. Mais la mosquée dans laquelle
on la pratique doit faire partie de celles qui abritent la prière collective.
La retraite ne peut pas se faire là où cette prière n’est pas célébrée. Si
toutefois, on forme le vœu de faire sa retraite dans l’une des Trois Mosquées,
le vœu doit être accompli ». Voir Madjmou fatawa Ibn Baz, 15/444.